Mains

Photo : Dominique Lafond

Drogues

Au sujet de la consommation de drogues pendant la période périnatale

Définir la consommation de drogues

Quelques chiffres

Les raisons de la sous-déclaration de la consommation de drogues en période périnatale

Qui est à risque?

Conséquences possibles sur la santé

Conséquences pour la femme enceinte

Conséquences pour la grossesse et pour l’enfant

Consommation de drogues avant l’annonce de la grossesse

Modifier la consommation de drogues : ce qu’il faut savoir

La réduction des méfaits

Le sevrage

Le traitement de substitution à la méthadone

La consommation de drogues et les troubles mentaux

L’environnement social

Drogues et allaitement

Diriger vers des ressources

Ressources et liens

Lexique

Références

Messages clés aux futurs parents

Au sujet de la consommation de drogues pendant la période périnatale

Définir la consommation de drogues Plus

Dans cette fiche, la consommation de drogues pendant la période périnatale inclut aussi bien la consommation occasionnelle que la consommation régulière, l’abus et la dépendance.

Les drogues suivantes sont traitées plus amplement en raison de leur caractère répandu au sein de la population et des conséquences particulières qui découlent de leur utilisation en période périnatale :

  • Le cannabis;
  • La cocaïne;
  • Les amphétamines et la méthamphétamine;
  • Les opiacés, comme l’héroïne et la méthadone.

La consommation d’alcool, de tabac et de médicaments prescrits utilisés à des fins non médicales n’est pas abordée dans cette fiche. Pour connaître les effets du tabac et de l’alcool pendant la période périnatale, consulter les fiches Alcool et Tabac.

Quelques chiffres Plus

En raison de la nature illégale et socialement indésirable de la consommation de drogues, il est difficile d’obtenir des données exactes sur la prévalence de la consommation maternelle de drogues lors de la grossesse, car les femmes enceintes qui consomment ont tendance à déclarer qu’elles consomment moins que leur consommation réelle ou à ne pas le déclarer du tout1. Il est donc probable que les données suivantes représentent une sous-estimation de la véritable consommation de drogues pendant la grossesse.

Selon l’Enquête canadienne sur l’expérience de la maternité de 2006-2007, 7 % des femmes ont rapporté avoir consommé au moins une drogue au cours des trois mois précédant leur grossesse et 1% l’aurait fait pendant leur grossesse. Ce sont les femmes âgées entre 15 et 24 ans qui sont les plus nombreuses à rapporter la consommation de drogues pendant la grossesse (3%)1. Enfin, d’après les données disponibles, la drogue la plus consommée chez les femmes enceintes ou en âge de procréer est le cannabis2, 3, 4, 5.

Les raisons de la sous-déclaration de la consommation de drogues en période périnatale Plus

Il est possiblement difficile pour une femme enceinte de déclarer sa consommation de drogues pour différentes raisons. Elles peuvent :

  • Éprouver de la honte ou vivre du déni en ce qui concerne leur consommation6, 7;
  • Avoir peur de la réaction des professionnels ou des chercheurs et craignent d’être jugées, stigmatisées ou étiquetées comme de mauvaises mères6;
  • Craindre d’être critiquées sur leur capacité à prendre soin de leur bébé7;
  • Avoir peur qu’on les oblige à participer à une intervention pour cesser leur consommation7;
  • Avoir peur d’être signalées aux autorités et de perdre la garde de l’enfant qu’elles portent6, 7.

Ces raisons expliquent également pourquoi le suivi de grossesse peut être difficile auprès de ces femmes7.

Qui est à risque? Plus

Certaines femmes sont plus à risque de consommer des drogues pendant leur grossesse. Les facteurs ci-dessous ont été trouvés comme pouvant être associés à la consommation de drogues durant la grossesse :

  • Partenaire amoureux qui consomme de l’alcool ou des drogues8, 9 (un des facteurs de risque les plus importants);
  • Environnement social (p. ex. : amis, voisinage) où l’on consomme8;
  • Faible niveau d’éducation ou de revenu familial10, 11;
  • Violence conjugale subie8;
  • Historique familial d’abus de substances, en particulier des problèmes liés à la consommation d’alcool8;
  • Expérience traumatique ou agression dans l’enfance (en particulier agression sexuelle)8, 9;
  • Historique personnel ou présence de troubles mentaux (p. ex. : dépression, troubles anxieux, troubles de la personnalité)8, 12;
  • Historique personnel de consommation abusive ou de dépendance aux drogues8;
  • Consommation d’alcool et de tabac durant la grossesse10, 11.

Conséquences possibles sur la santé Plus

Les drogues agissent sur le système nerveux central d’un individu comme perturbateurs, stimulants ou dépresseurs. Le tableau 1 présente les différentes catégories de drogues selon leurs effets sur le système nerveux central.

Tableau 1
Catégories de drogues13, 14
Les perturbateursLes stimulantsLes dépresseurs

Perturbent les fonctions psychiques d’un individu en altérant le fonctionnement cérébral, la perception, l’humeur et les processus cognitifs.

Stimulent les fonctions psychiques d’un individu en augmentant le niveau d’éveil et l’activité générale du cerveau.

Ces substances accélèrent le processus mental, et la personne devient plus alerte et énergique.

Ralentissent les fonctions psychiques d’un individu en diminuant le niveau d’éveil et l’activité générale du cerveau.

Ces substances procurent un effet relaxant, et la personne devient moins consciente de son environnement.

  • Cannabis
    (Autres noms : marijuana, haschisch, pot, mari, herbe, weed, joint, bat, pétard, hasch)
  • Hallucinogènes
    (p. ex. : LSD, MDMA ou ecstasy, phencyclidine-PCP)
  • Cocaïne
    (Autres noms : crack, freebase, coke, poudre)
  • Amphétamines
    (Autres noms : speed, peanut, wake-up)
  • Méthamphétamine
    (Autres noms : ice, crystal meth)
  • Opiacés
    Héroïne (Autres noms : smack, héro), Méthadone, Codéine, Morphine, Opium
  • GHB (gamma-hydroxybutyrate)
    (Autres noms : liquid ecstasy, liquid X, fantasy, salty water)
  • Substances volatiles
    (p. ex. : colles, dissolvants)

Note : L’alcool fait partie des dépresseurs et le tabac fait partie des stimulants du système nerveux central. Pour connaître les effets de ces substances, consulter les fiches Alcool et Tabac.

Conséquences pour la femme enceinte Plus

La consommation de drogues peut être liée à différents problèmes sociaux et de santé chez la femme enceinte :

  • Des troubles de sommeil15;
  • Des problèmes de santé physique (p. ex. : problèmes cardiovasculaires, hypertension)15;
  • Des infections (p. ex. : hépatites, VIH/sida, syphilis)15;
  • Un suivi médical ou des soins prénataux inadéquats5, 16, 4;
  • Des problèmes psychosociaux (p. ex. : contexte de stress, difficultés financières, manque de soutien social, troubles mentaux, violence conjugale)4, 5, 17, 16, 18.

De plus, la consommation de drogues peut nuire aux capacités parentales (p. ex. : manque de disponibilité physique ou émotionnelle, soins inconstants) et au développement du lien d’attachement de l’enfant19, 20.

Parallèlement, le nourrisson qui a été exposé in utero à des drogues peut présenter des symptômes de sevrage (p. ex. : irritabilité, pleurs, insomnie) dans les premières semaines et être plus difficile à consoler. Ceci peut en retour amplifier le niveau de stress chez la mère et amoindrir son désir d’entrer en interaction avec son bébé21, 6.

Enfin, certaines femmes enceintes qui consomment des drogues n’ont pas accès à des modèles adéquats qui pourraient les guider dans leur propre rôle de mère. Ces femmes ont possiblement besoin de plus de soutien pour être accompagnées dans leur rôle parental et pour développer un lien affectif avec leur enfant2, 20.

Un outil destiné aux intervenants du Québec offre des stratégies d’intervention pour favoriser les pratiques parentales liées au développement d’un attachement sécurisant22. Ce document peut être consulté en ligne et s’intitule le Guide pour soutenir le développement de l’attachement sécurisant de la grossesse à 1 an.

Conséquences pour la grossesse et pour l’enfant Plus

Les données empiriques des effets de la consommation de drogues en période périnatale sur la santé sont moins bien établies que celles qui concernent l’alcool ou le tabac16, 23, 24. Cela dit, les femmes qui consomment des drogues vivraient une grossesse à plus haut risque, en raison des effets négatifs potentiels sur l’enfant à naître.

Nous savons que les drogues (en particulier celles qui ont un potentiel élevé de dépendance, comme la cocaïne ou les opiacés) peuvent traverser la barrière placentaire21 et influencer certains aspects du développement du fœtus25, 17. Cependant, les résultats prouvant les effets des drogues sur le fœtus sont contradictoires dans plusieurs études, et il existe peu de données concernant leurs effets sur le développement de l’enfant à plus long terme.

Les effets les plus fréquemment rapportés de la consommation de drogues pendant la grossesse sur le bébé à naître sont présentés dans le tableau 2.

Tableau 2
Effets possibles des drogues sur la grossesse et le bébé
DroguesEffets sur la grossesse et le bébé
Cannabis
  • Effets non clairement démontrés2, 16, 26, 17
  • Consommation régulière et doses élevées possiblement nécessaires pour produire des effets observables, tels qu’un retard de croissance intra-utérin, une diminution du poids à la naissance ou certains troubles neurologiques (p. ex. : tremblements subtils, diminution de la puissance des pleurs)2, 27, 28
Cocaïne
  • Retard de croissance intra-utérin2, 16
  • Augmentation du nombre de contractions dans l’utérus15, 16
  • Vasoconstriction placentaire et diminution du flux sanguin utérin15, 16
  • Décollement du placenta15, 16, 29, 30
  • Rupture prématurée des membranes2, 16, 29
  • Fausse couche2, 31
  • Accouchement prématuré2, 15, 16, 30
  • Faible poids à la naissance15, 16, 32
  • Symptômes de sevrage à la naissance2
  • Syndrome de la mort subite du nourrisson2, 30
  • Transmission d’infections virales si la drogue est injectée avec une seringue déjà utilisée par une personne infectée (hépatite B, hépatite C ou VIH)33
Amphétamines et méthamphétamine
  • Retard de croissance intra-utérin2, 34, 23
  • Accouchement prématuré2, 34, 23
  • Faible poids à la naissance35
  • Symptômes de sevrage à la naissance2, 23
  • Transmission d’infections virales si la drogue est injectée avec une seringue utilisée par une personne infectée (hépatite B, hépatite C ou VIH)33
Opiacés (sauf méthadone)
  • Retard de croissance intra-utérin2, 16
  • Augmentation du nombre de contractions dans l’utérus avec insuffisance placentaire2
  • Décollement du placenta15
  • Fausse couche, mortinaissance2, 15
  • Accouchement prématuré2, 15, 16
  • Faible poids à la naissance2, 15, 16
  • Syndrome de retrait néonatal (de 60 à 95 % des cas)2, 15, 16
  • Syndrome de la mort subite du nourrisson2
  • Transmission d’infections virales si la drogue est injectée avec une seringue déjà utilisée par une personne infectée (hépatite B, hépatite C ou VIH)33

Facteurs qui influencent les conséquences de la consommation de drogues sur la santé Plus

Les données scientifiques actuelles ne permettent pas de déterminer si les effets de la consommation maternelle de drogues sur le bébé à naître sont causés directement par la substance elle-même ou plutôt par l’exposition à d’autres facteurs nocifs pour la santé16, 36. En effet, peu d’études ont mesuré l’influence de facteurs confondants souvent liés à l’usage de drogues, tels les suivants :

  • Les patrons de consommation (p. ex. : qualité du produit, dose consommée, voie d’administration utilisée [orale, nasale, par injection], fréquence de la consommation, stade de développement du fœtus au moment de la consommation)37;
  • La polyconsommation6, 21 : Dans la majorité des cas de consommation de drogues, il y a présence de polyconsommation. Par exemple, il a été documenté que 93 % des femmes enceintes qui consommaient de la cocaïne ou de l’héroïne utilisaient également d’autres substances (principalement de l’alcool et du tabac) ayant des conséquences néfastes sur la santé du bébé38;
  • Les caractéristiques de la mère (p. ex. : état de santé global, facteurs génétiques et physiologiques qui amènent des différences individuelles quant au métabolisme et à la tolérance physique et psychologique aux drogues)37, 25, 21;
  • L’environnement familial ou les conditions de vie (p. ex. : malnutrition, absence de soins prénataux, manque de ressources financières, quartier défavorisé, criminalité, prostitution)25, 15.

Que les effets des drogues sur le bébé à naître soient causés directement par la substance ou par l’influence des facteurs confondants ci-dessus, il est fortement recommandé de ne pas consommer de drogues pendant la grossesse, car elles comportent un risque pour l’enfant à naître.

Consommation de drogues avant l’annonce de la grossesse Plus

Lorsqu’une femme a consommé des drogues avant de savoir qu’elle était enceinte et s’inquiète des torts pour le développement de son bébé, il est suggéré de la rassurer en lui rappelant que la consommation de drogues lors de la grossesse comporte des risques potentiels, et non systématiques, sur la grossesse et l’enfant à naître.

De plus, la qualité du milieu dans lequel grandit l’enfant est déterminante. D’autres facteurs présents dans l’environnement de l’enfant peuvent ainsi contrebalancer certains effets des drogues, tels que le mode de vie sain de la mère, un milieu familial stimulant et chaleureux, ou une relation mère-enfant de qualité37, 39, 40, 41.

Néanmoins, il n’existe pas de consommation sans risque, et l’arrêt immédiat de la consommation est fortement recommandé (sauf pour l’héroïne; consulter la section Le traitement de substitution à la méthadone).

Modifier la consommation de drogues : ce qu’il faut savoir Plus

La grande majorité des femmes cessent ou réduisent leur consommation de drogues lorsqu’elles apprennent qu’elles sont enceintes.

Une étude américaine menée en 2010 indique que parmi différentes substances consommées avant la grossesse (p. ex. : alcool, tabac, drogues), la consommation de drogues (marijuana, amphétamines, cocaïne et héroïne) est celle qui est la plus susceptible d’être arrêtée durant la grossesse12.

Plus précisément, entre 87 et 100 % des femmes qui consommaient ces drogues avant leur grossesse ont arrêté pendant qu’elles étaient enceintes. Il est donc probable que les femmes qui poursuivent leur consommation durant leur grossesse sont celles qui présentent des problèmes plus importants de dépendance ou de toxicomanie12.

La réduction des méfaits Plus

Bien qu’il soit fortement recommandé de cesser complètement toute consommation de drogues durant la grossesse, ce ne sont pas toutes les femmes qui feront ce choix ou pourront le faire. La réduction des méfaits peut s’avérer une solution plus adaptée pour ces femmes19, 42.

Cette approche vise à diminuer les conséquences néfastes découlant de la consommation de drogues, plutôt que l’élimination complète de la consommation43, 44. Elle permet ainsi de fournir un certain niveau de bénéfices et de réduction de risques pour la future mère et le bébé à naître.

En effet, le comportement de consommation varie sur un continuum de risque, allant d’une absence totale de risque à un risque très élevé pour la santé de la future mère et de l’enfant à naître45. Le changement de comportement est donc conceptualisé comme faisant partie d’un processus, dont l’objectif à long terme est l’abstinence45, 42.

Il existe différentes stratégies de réduction des méfaits pour aider les futures mères à réduire leur consommation de drogues42 :

  • Réduire graduellement la quantité de drogue consommée;
  • Alterner des moments sans aucune consommation (jours ou semaines) avec des moments de consommation;
  • Remplacer la drogue habituelle par un autre type de drogue jugé moins nocif, ou combiner ces deux types de drogue;
  • Tenter de contrecarrer les effets possibles des drogues en consommant d’autres produits, comme des vitamines prénatales ou de la niacine;
  • Privilégier des comportements de santé pouvant avoir des conséquences positives sur l’issue de la grossesse et le développement du bébé, comme avoir une alimentation saine, pratiquer de l’activité physique, avoir un horaire de sommeil suffisant ou un suivi régulier de grossesse.

Enfin, il est suggéré de souligner les efforts que fait la femme enceinte pour réduire sa consommation de drogues afin de permettre le bon développement de son bébé.

Le sevrage Plus

Des symptômes de sevrage peuvent s’observer chez la femme ayant consommé et chez le nourrisson qui a été exposé in utero à des drogues. Les principaux symptômes de sevrage observés chez la femme enceinte qui consomme sont présentés au tableau 3. L’intensité des symptômes varie en fonction de la substance consommée2, 17.

Tableau 3
Principaux symptômes de sevrage en fonction des catégories de drogues
DroguesSymptômes de sevrage
Cannabis
  • Agitation psychomotrice
  • Irritabilité
  • Insomnie
  • Nausées
  • Crampes
Stimulants
(p. ex. : cocaïne, amphétamines et méthamphétamine)
  • Douleurs musculaires
  • Douleurs abdominales
  • Signes de faim
  • Sommeil prolongé
  • Bradycardie
  • Préoccupation et désir obsédant de reprendre la drogue (craving)
  • Dépression
  • Idées suicidaires
Opiacés
(p. ex. : héroïne)
  • Symptômes similaires à ceux d’une grippe
  • Agitation psychomotrice
  • Pupilles dilatées
  • Crampes abdominales
  • Insomnie
  • Anxiété
  • Préoccupation et désir obsédant de reprendre la drogue (craving)
  • Tachycardie
  • Hypertension

Données tirées et traduites de Rayburn et Bogenschutz (2004)17.

La majorité (de 55 à 94 %) des nourrissons exposés in utero à des drogues (particulièrement les opiacés, incluant la méthadoneméthadone) développent des symptômes de sevrage46.

Le syndrome de retrait néonatal représente un ensemble de symptômes de sevrage présents chez le nourrisson exposé in utero à des drogues et est caractérisé par une dysfonction des systèmes suivants46, 47 :

  • Système nerveux central (irritabilité, tremblements, pleurs vifs, sommeil perturbé, convulsions, etc.);
  • Système gastro-intestinal (vomissements, diarrhée, alternance de fièvre et d’hypothermie, etc.);
  • Système respiratoire (congestion, écoulement nasal, éternuements, etc.).

L’intensité et la durée du syndrome sont variables (selon la dose de drogue consommée, le stade de développement du fœtus au moment de la consommation, le poids et le métabolisme du bébé). Les symptômes apparaissent généralement dans les 48 à 72 heures suivant la naissance du bébé, sont particulièrement intenses après deux semaines et peuvent parfois durer jusqu’à plusieurs mois48, 49.

Pour la santé de la femme enceinte et celle de l’enfant à naître, il n’est pas indiqué de faire un sevrage de l’héroïne durant la grossesse (voir la section Le traitement de substitution à la méthadone).

Le traitement de substitution à la méthadone Plus

La méthadone est un médicament prescrit par un médecin et utilisé comme traitement de substitution à l’héroïne. Elle doit être prescrite aux femmes enceintes qui ont une dépendance aux opiacés, car l’arrêt des opiacés pendant la grossesse peut provoquer des contractions de l’utérus, ce qui augmente les risques d’accouchement prématuré ou de fausse couche. Le traitement de substitution à la méthadone est employé dans ce cas pour stabiliser l’état de la femme enceinte et l’aider à cesser sa consommation de drogues50, 51.

La prise de méthadone durant la grossesse peut être associée à la prématurité, à un retard de croissance intra-utérin et à des symptômes de sevrage chez le nouveau-né. Cependant, la méthadone a des avantages que l’héroïne n’a pas : elle ne produit pas d’effets euphorisants, diminue considérablement le désir de consommer, maintient la mère dans un état fonctionnel et favorise un meilleur suivi de grossesse6, 15, 52, 53, 51.

Il n’existe pas de traitement de substitution pour la dépendance aux autres types de drogues (comme le cannabis et la cocaïne). Certains médicaments peuvent toutefois être prescrits pour atténuer les symptômes de sevrage17.

La consommation de drogues et les troubles mentaux Plus

Il est fréquent que les femmes enceintes qui consomment des drogues souffrent également de troubles mentaux (p. ex. : dépression, troubles anxieux, troubles de la personnalité)18.

L’intervention auprès des femmes enceintes qui consomment devrait viser ces trois domaines (santé mentale, grossesse et consommation de drogues) dans une approche coordonnée et intégrée, tout en considérant les besoins individuels des femmes18. Par conséquent, il est suggéré d’orienter la femme enceinte qui présente cette double problématique vers des ressources en santé mentale.

L’environnement social Plus

L’environnement social de la femme enceinte est un facteur important qui peut influencer sa consommation de drogues. Une personne qui consomme des drogues a tendance à développer des relations sociales avec des gens qui partagent cette habitude19.

Par conséquent, il peut être difficile pour une femme enceinte de cesser de consommer, car cela implique une rupture potentielle des liens avec les gens qui consomment dans son entourage55. Ce choix, positif à long terme en ce qui concerne la consommation, peut affaiblir son réseau social et l’obliger à trouver de nouvelles personnes susceptibles de la soutenir dans la cessation ou la réduction de sa consommation19, 55.

Le conjoint peut exercer un rôle d’influence dans la dynamique de consommation de la femme enceinte19. D’une part, celle-ci peut trouver difficile de s’abstenir de consommer des drogues lorsque son partenaire en consomme. D’autre part, une diminution de la consommation de drogues chez le partenaire ou son soutien par rapport à la cessation de la consommation pourrait augmenter la probabilité que la femme enceinte cesse ou diminue sa propre consommation durant sa grossesse33.

Dans la mesure du possible, il est proposé :

  • D’informer le partenaire, s’il y a lieu, de l’influence de ses habitudes de consommation sur celles de sa compagne et des effets néfastes de la consommation de drogues sur la grossesse et sur le développement du fœtus2, 33, 19;
  • D’encourager la future mère (et son conjoint, s’il y a lieu) à se joindre à des activités qui lui permettront de rencontrer d’autres futurs parents et d’agrandir son réseau social.

Dans le cas où la femme enceinte ne peut compter sur le soutien de son conjoint ou de sa famille, il est suggéré de la guider vers des ressources qui pourront lui offrir le soutien adéquat et l’accompagner dans une démarche de réduction ou de cessation de consommation (voir la section Ressources et liens utiles).

Drogues et allaitement Plus

Toutes les drogues consommées peuvent se retrouver dans le lait maternel et en perturber la production, la quantité ou la composition. De plus, l’exposition du nourrisson à des drogues par l’intermédiaire du lait maternel a été associée à des effets nuisibles sur sa santé, comme le montre le tableau 4.

Tableau 4
Effets possibles des drogues sur les nourrissons allaités par des mères qui consomment
DroguesEffets sur le nourrisson allaité
Cannabis
  • Léthargie2, 47, 56
  • Tonus musculaire réduit2, 47, 56
  • Irritabilité2, 47, 56
  • Diminution de la fréquence et de la durée des tétées2, 47, 56
Cocaïne
  • Irritabilité2, 57
  • Vomissements2, 57
  • Diarrhée2, 57
  • Tremblements, convulsions57
  • Tachycardie2
  • Hypertension2
  • Transmission d’infections virales si la mère est infectée (p. ex. : hépatite B, VIH)58
Amphétamines
  • Irritabilité57
  • Perturbations de sommeil57
  • Transmission d’infections virales si la mère est infectée (p. ex. : hépatite B, VIH)58
Héroïne
  • Syndrome de sevrage 47, 2, 59
  • Agitation47, 2, 57
  • Tremblements47, 2, 57
  • Vomissements47, 2, 57
  • Somnolence
  • Problèmes d’alimentation47, 2, 57
  • Transmission d’infections virales si la mère est infectée (p. ex. : hépatite B, VIH)58

Par conséquent, en raison des risques encourus par l’enfant, il est fortement recommandé de ne pas consommer de drogues durant la période d’allaitement57, 58, 6.

Si une mère consomme occasionnellement des drogues et désire allaiter, il est fortement recommandé qu’elle soit accompagnée par un médecin ou un spécialiste en allaitement56. Dans le but de réduire les risques d’exposition du nourrisson aux drogues, cet accompagnement permettra d’évaluer la situation particulière de la mère, puisque le temps d’élimination des drogues varie selon le type de drogue et la dose consommée.

La prise de méthadone est possible en période d’allaitement51. En effet, plusieurs recherches ont démontré que la quantité de méthadone transmise dans le lait maternel est très infime par rapport à la dose reçue par la mère. De plus, aucun effet indésirable à court ou à long terme n’a été rapporté chez les enfants exposés à ce produit par le lait maternel47. L’allaitement permet d’ailleurs d’atténuer l’intensité des symptômes de sevrage chez le nouveau-né exposé à la méthadone pendant la grossesse60.

Pour de plus amples renseignements sur les effets des drogues pendant l’allaitement, les professionnels peuvent contacter le Centre IMAGe du Centre hospitalier universitaire Sainte-Justine (voir la section Ressources et liens utiles).

Diriger vers des ressources Plus

La grossesse peut constituer un levier de changement pour certaines femmes et représenter une fenêtre d’opportunité pour l’intervention. En effet, les préoccupations de la future mère pour son bébé à naître sont souvent une source de motivation pour cesser sa consommation de drogues.

Toutefois, parmi l’ensemble des femmes enceintes qui consomment, certaines manifestent des difficultés à cesser leur consommation, présentent des problèmes de dépendance ou de toxicomanie ou ont besoin d’un sevrage médical.

Les professionnels sont donc encouragés à diriger ces femmes vers des ressources spécialisées, qui pourront leur offrir une évaluation et un suivi appropriés (voir la section Ressources et liens utiles).

Les femmes enceintes qui consomment de l’héroïne représentent une clientèle prioritaire pour le traitement de substitution à la méthadone51. Ce type de traitement doit être amorcé par un centre de réadaptation pour les personnes alcooliques et autres toxicomanes (CRPAT).

Par ailleurs, l’intervention offerte doit cibler non seulement l’utilisation même de la substance, mais aussi les difficultés sous-jacentes à la consommation4, 5. Un accompagnement psychosocial peut être parallèlement offert aux femmes qui ont recours aux drogues pour gérer des difficultés psychosociales ou des troubles mentaux, ou encore à celles qui manifestent des difficultés à s’adapter à leur rôle de nouvelle mère.

Date de création : octobre 2011



Ressources et liens intéressants

Les adresses, noms d’organismes ou documents mentionnés dans cette section ont retenu l’attention des différents partenaires ayant collaboré à la rédaction de cette fiche en raison de leur pertinence. Toutefois, il ne s’agit nullement d’une liste exhaustive et les contenus qui y sont développés n’engagent ni la responsabilité des différents partenaires ni celle de l’Institut national de santé publique du Québec.

Services de première ligne

Au Québec, les centres de santé et de services sociaux (CSSS) sont responsables de l’accès aux services de première ligne. Ils offrent des services d’intervention précoce, de détection de cas et de désintoxication externe. Ils s’assurent aussi de diriger les personnes vers les centres de services spécialisés et peuvent offrir du soutien à l’entourage. Il est donc indiqué de diriger, en premier lieu, la femme enceinte vers le CSSS de son quartier.
www.msss.gouv.qc.ca/reseau/rls/index.php

Services spécialisés de deuxième et troisième ligne

Centres de réadaptation pour personnes alcooliques et autres toxicomanes (CRPAT)
Ces centres offrent des services spécialisés aux personnes qui présentent des problèmes de dépendance, parmi lesquelles les femmes enceintes sont reçues en priorité.
www.acrdq.qc.ca/listemembre.php

Centre des naissances du CHUM
Ce centre dispense à la population des soins généraux, spécialisés et ultraspécialisés durant les périodes pré, per et postnatales. Main dans la main est un programme d’intervention qui offre un soutien à des futurs parents ayant une consommation abusive de substances.
www.chumtl.qc.ca/services-soins/recherche-soins/liste-soins/soins-liste-ad/chum-centre-naissances.fr.html

Ressources régionales

Ce site présente les ressources publiques, classées par région, qui offrent des services de traitement ainsi que des ressources privées ou communautaires d’hébergement en toxicomanie certifiées par le ministère de la Santé et des Services sociaux.
dependances.gouv.qc.ca/index.php?repertoire_des_ressources_dependance

Ressources pour répondre aux interrogations sur la consommation de drogues pendant la grossesse

Centre IMAGe
Ce centre d’information québécois est destiné aux professionnels de la santé et offre des renseignements sur l’innocuité et les risques liés aux drogues durant la grossesse et durant l’allaitement : 514 345-2333 ou image.chu-sainte-justine.org.

Motherisk
Cet organisme répond aux questions du public et des professionnels sur les effets de l’alcool et des drogues pendant la grossesse et l’allaitement. Service en français disponible : 1 877 327-4636 ou www.motherisk.org (site en anglais).

Drogue : aide et référence
Ligne téléphonique d’information, d’écoute et d’orientation pour les personnes ayant des problèmes d’abus d’alcool ou de drogues, leur entourage ainsi que les intervenants. Service disponible 24 heures par jour et 7 jours sur 7.
Région de Montréal : 514 527-2626
Autres régions : 1 800 265-2626
www.drogue-aidereference.qc.ca

Santé Canada
www.hc-sc.gc.ca/hc-ps/drugs-drogues/youth-jeunes/index-fra.php

Lexique

Abus :
Consommation excessive d’une substance entraînant des conséquences indésirables.

Attachement :
Relation affective entre le nourrisson et les figures stables de son environnement.

Barrière placentaire :
Structures anatomiques qui séparent la circulation sanguine maternelle de la circulation sanguine du fœtus.

Bradycardie :
Rythme cardiaque trop bas par rapport à la normale.

Dépendance :
Envie répétée et irrépressible de consommer une substance pour ressentir ses effets ou pour éviter l'inconfort de son absence.

Facteur de risque :
Caractéristique liée à une personne ou à son environnement qui augmente la probabilité de développer une condition ou une maladie.

Fausse couche :
Décès d’un embryon ou d’un fœtus qui survient au cours du premier trimestre de grossesse.

Léthargie :
État d’inertie totale accompagnée d’un sommeil profond et prolongé.

Méthadone :
Drogue de substitution, prescrite par un médecin dans un processus de désintoxication.

Mortinaissance :
Naissance d’un enfant mort-né.

Polyconsommation :
Usage simultané de plusieurs substances psychoactives.

Problème de santé mentale :
État de détresse psychologique qui amène des difficultés sur le plan de la pensée, de l’humeur ou du comportement.

Retard de croissance intra-utérin :
Complication de la grossesse définie par une croissance insuffisante du fœtus à un âge gestationnel donné (croissance inférieure au 10e percentile).

Sevrage :
Arrêt ou réduction de la consommation d’une substance entraînant un état de manque qui se manifeste par divers symptômes physiques.

Syndrome de mort subite du nourrisson :
Décès inexplicable et subit d’un nourrisson âgé de moins d’un an apparemment en bonne santé.

Syndrome de retrait néonatal :
Ensemble de symptômes physiques présents chez le nourrisson exposé in utero à des drogues.

Tachycardie :
Accélération du rythme cardiaque.

Toxicomanie :
Utilisation répétée et excessive de substances toxiques sans justification thérapeutique.

Trouble mental :
Maladie diagnostiquée caractérisée par des altérations de la pensée, de l’humeur ou du comportement qui entraînent un état de détresse et interfèrent avec le fonctionnement de la personne.

Vasoconstriction :
Diminution du diamètre d’un vaisseau sanguin par contraction de ses fibres musculaires.

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Messages clés à transmettre aux futurs parents

Voici les principaux messages de santé à transmettre à tous les futurs parents, selon un consensus basé sur la recherche scientifique et la pratique professionnelle. Il est à noter que cette section ne constitue pas un résumé de la fiche.

Les messages sont formulés de façon à s’adresser directement aux futurs parents, que ce soit lors d’un suivi individuel ou lors d’une rencontre prénatale de groupe. Ils sont présentés dans un encadré bleu, suivi d’une explication plus détaillée. En cliquant sur les mots soulignés dans le texte, vous serez dirigé vers la section de la fiche complète qui traite de ce thème.

Il est fortement recommandé de ne pas prendre de drogues durant votre grossesse.

Les drogues peuvent nuire à votre grossesse et faire du tort à la santé de votre bébé. Aucune quantité de drogues n’est sécuritaire pendant la grossesse. C’est pourquoi le fait de ne pas consommer de drogues du tout pendant que vous êtes enceinte est mieux pour la santé de votre bébé.

Nous vous encourageons à demander de l’aide si vous voulez arrêter ou réduire votre consommation de drogues durant votre grossesse.

Beaucoup de femmes veulent faire des changements dans leur vie quand elles se rendent compte qu’elles sont enceintes. Si vous voulez arrêter de prendre des drogues ou essayer d’en prendre moins, il y a de l’aide pour vous.

Si vous avez un conjoint, une famille ou des amis dans votre entourage qui peuvent vous aider à arrêter ou à prendre moins de drogues, tirez-en parti! Si votre conjoint consomme lui aussi, il pourrait essayer d’arrêter en même temps que vous.

Si vous avez des difficultés à arrêter, nous vous encourageons à demander l’aide de ressources spécialisées qui ont déjà aidé beaucoup de femmes enceintes aux prises avec ce genre de problèmes et qui pourront vous accompagner. Nous pouvons vous aider dans cette démarche.

Il est fortement recommandé de ne pas consommer de drogues si vous allaitez.

Si vous prenez une drogue, cette drogue se retrouve vite dans votre lait. Si votre bébé boit votre lait, il peut être exposé à la drogue, ce qui peut nuire à sa santé. Voilà pourquoi il est fortement recommandé de ne pas prendre de drogues si vous allaitez.

Si vous prenez des drogues et que vous voulez quand même allaiter, il est fortement recommandé d’en parler à votre médecin ou à un spécialiste en allaitement. Ils pourront vous aider à trouver des moyens pour qu’il y ait le moins de risques possibles pour votre enfant.